Publié le Lecture 5 min
Vacance locative par ville : pourquoi la moyenne ne suffit pas
Dans la plupart des simulations, la vacance locative tient en une ligne : 5 %, partout, tout le temps. C'est pourtant l'hypothèse qui varie le plus d'une ville à l'autre, et surtout d'une année à l'autre. Un projet qui semble à l'équilibre avec la moyenne peut coûter plus de mille euros la mauvaise année. Voici comment lire les chiffres de votre ville et quel scénario tester avant d'acheter.

La vacance ne tombe pas en moyenne, elle tombe par à-coups
« Un mois de vacance par an », soit 8,3 % des loyers, ne veut pas dire un mois vide chaque année. Sur un même logement, cela ressemble plutôt à plusieurs années pleines, puis à un départ suivi d'une remise en état et d'une relocation qui traîne. La moyenne est correcte sur dix ans ; votre trésorerie, elle, vit année par année.
La bonne question n'est donc pas seulement « quelle vacance moyenne ? », mais « mon projet survit-il à la mauvaise année ? ». C'est elle qui oblige à remettre de l'argent, à revendre dans l'urgence ou à baisser le loyer.
Ce que disent les chiffres de votre ville
L'État publie chaque année, commune par commune, le nombre de logements privés vacants (fichiers LOVAC, tirés des données fiscales) et la part vacante depuis plus de deux ans. Deux lectures sont possibles :
- le taux total mélange des logements à louer, en vente, en travaux, en succession ou délabrés. Ce n'est pas votre vacance locative : un logement correct, loué au prix du marché, reste vide bien moins longtemps ;
- la part vacante depuis plus de deux ans isole les logements durablement sortis du marché. C'est le meilleur signal d'une demande locative fragile, donc de relocations plus longues.
| Ville | Taux total | Dont plus de 2 ans |
|---|---|---|
| Rennes | 8,6 % | 1,4 % |
| Nantes | 9,6 % | 1,5 % |
| Lyon | 9,2 % | 1,8 % |
| Paris | 9,4 % | 2,3 % |
| Bordeaux | 11,1 % | 2,5 % |
| Marseille | 10,9 % | 3,5 % |
| Limoges | 13,0 % | 4,1 % |
| Mulhouse | 14,3 % | 5,6 % |
| Saint-Étienne | 15,0 % | 5,6 % |
| Perpignan | 15,0 % | 6,1 % |
| Vichy | 17,5 % | 7,2 % |
Le taux total varie de 8,6 % à 17,5 %, mais la différence décisive est ailleurs : la part de logements vides depuis plus de deux ans est cinq fois plus élevée à Vichy qu'à Rennes. À l'échelle de toutes les communes renseignées, la moitié ont un taux total sous 9,2 %, et une sur vingt dépasse 18,4 %.
Les écarts existent aussi à l'intérieur d'une même ville : 17,2 % dans le 3e arrondissement de Marseille contre 8,5 % dans le 9e, 12,9 % dans le 8e arrondissement de Paris contre 8,2 % dans le 12e. Le chiffre de la ville ne suffit pas : regardez celui du quartier.
Exemple : le T2 qui semblait tenir
Hypothèses : un T2 de 40 m² à Saint-Étienne acheté 55 000 €, loué 420 € par mois hors charges, en ligne avec le loyer de marché de la ville. Rentabilité brute de 9,2 %. 10 000 € d'apport, le reste (frais de notaire compris) emprunté sur 20 ans à 3,3 %, assurance comprise. 1 300 € par an de taxe foncière, charges de copropriété non récupérables et assurance.
- Avec le forfait de 5 % : le projet est à l'équilibre, −3 € par mois.
- Avec une vacance cohérente avec la ville, autour de 7 % : −12 € par mois. Le projet ne s'autofinance plus, mais l'écart reste modeste.
- Si l'on recopie le taux LOVAC brut, 15 % : −45 € par mois. C'est l'erreur inverse, trop pessimiste pour un logement correct au bon loyer.
- Lors d'une mauvaise année, quatre mois vides : −122 € par mois, soit −1 466 € sur l'année, avant même le coût de la remise en état entre deux locataires.
Le rendement brut de 9,2 % rémunère précisément ce risque. Le projet n'est pas mauvais par nature, mais il n'a aucune marge : sans épargne de précaution d'au moins une année difficile, la première relocation longue peut le transformer en effort durable.
Quel scénario tester ?
- Scénario de base : 3 à 5 % dans une grande ville tendue, plutôt 6 à 8 % là où la vacance de plus de deux ans dépasse 4 ou 5 %.
- Mauvaise année : trois à quatre mois sans loyer, plus une remise en état. Le projet doit le supporter sans vente forcée.
- Loyer : un loyer affiché au-dessus du marché se paie en semaines de vacance. Vérifiez-le face aux loyers observés de la commune.
- Quartier : regardez l'arrondissement ou le quartier, pas seulement la ville.
Pour les principes généraux (coût d'un mois vide, leviers pour la réduire), voir le guide vacance locative ; pour l'effet sur votre trésorerie, le guide cash-flow.
Questions fréquentes
- Quel taux de vacance locative retenir dans mon calcul ?
- Une hypothèse de base entre 3 et 5 % dans une grande ville tendue, plutôt 6 à 8 % dans une ville où beaucoup de logements sont vides depuis longtemps. Testez ensuite une mauvaise année : trois à quatre mois sans loyer.
- Le taux de logements vacants de ma ville est-il ma vacance locative ?
- Non. Le taux LOVAC compte tous les logements privés vides au 1er janvier, y compris délabrés, en travaux, en vente ou en succession. Un logement correct, loué au prix du marché, reste vide beaucoup moins longtemps.
- Pourquoi regarder la part de logements vides depuis plus de deux ans ?
- C'est le meilleur signal d'une demande faible : des logements durablement sortis du marché. Plus elle est élevée, plus les relocations risquent d'être longues et les loyers difficiles à tenir.
- Une ville à fort rendement est-elle forcément risquée ?
- Pas forcément, mais le rendement élevé rémunère souvent ce risque. Un projet qui ne tient qu'avec une vacance faible n'a aucune marge : vérifiez qu'il survit à une mauvaise année.
En résumé
Une vacance de 5 % partout est une moyenne commode, pas une protection. Lisez la part de logements vides depuis plus de deux ans de la commune, adaptez votre hypothèse de base, puis testez une mauvaise année. Si le projet ne la supporte pas, c'est le prix d'achat ou le montage qu'il faut revoir, pas l'hypothèse.
Faites varier la vacance de votre projet, de 5 % à une mauvaise année (environ 33 % pour quatre mois vides) : cash-flow et score recalculés en direct, gratuitement. Le rapport complet affiche la vacance de la commune et ajoute dix stress tests.
Ouvrir le simulateur complet →Sources : LOVAC 2026, logements vacants du parc privé par commune (DGALN, Cerema), parc privé des Fichiers fonciers 2025 ; loyers de marché : Carte des loyers 2025 (ANIL). Calculs CheckRenta, exemple théorique.
À lire aussi
Toute la rubrique Acheter au bon prix →
ActualitéAcheter au bon prix ·
Tension locative : pourquoi elle ne garantit pas la rentabilité
Le Trésor-Éco du 2 octobre 2026 décrit une offre locative qui se contracte… et des rendements dégradés : prix 1,8 fois plus rapides que les loyers, effet du DPE, encadrement (−2 à −4 %). Comment analyser un marché tendu sans surpayer.

Acheter au bon prix ·
Frais de notaire et coût total : le vrai prix d'un achat locatif
7 à 8 % dans l'ancien, dont l'essentiel est de l'impôt — et ce n'est qu'un des postes. La composition des frais, la liste complète du coût total, et pourquoi calculer sur le prix seul fausse tout.

Acheter au bon prix ·
Prix d'équilibre : combien négocier un bien locatif
Le prix auquel un bien s'autofinance est votre repère objectif de négociation : la grille de lecture de l'écart (négociable, difficile, hors d'atteinte) et la construction d'une offre argumentée par les ventes réelles.